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Café Images

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Samedi 14 janvier 2012

de 10 Ă  12 h

Galerie Esther Woerdehoff
36 rue Falguière
75015 Paris

N’habite Plus à l’Adresse Indiquée « NPAI ».

Andréa VAMOS

« NPAI » reprend la tradition du dernier portrait sauf qu’il ne présente pas un corps sans vie mais une personne pleine et entière qui vit ses derniers jours.

On retrouve dans cette série certains des symboles clés des « derniers portraits » ;  à la différence qu’ils sont employés dans un contexte de bout de souffle : le lit d’hôpital apparaît brut, sans le moindre ornement ; la mourante est seule, photographiée de face plutôt que peinte de profil comme de coutume. Mourante, mais vivante, elle communique avec nous.

Ce simple fait choque, interpelle, fait ressurgir le tabou des « derniers portraits ». Pourquoi ?

Je n’ai pas eu de réponses argumentées, mais de simple remarques ou questions exprimant un sentiment : «  Ça me gêne….On ne touche pas à ça…Etait-elle consentante ? » Comme pour valider avant d’en accepter le principe artistique la bonne moralité de ma démarche.

Plus personnellement, je crois que ces images parlent de nous mĂŞme face Ă  quelque chose qui peut faire peur et qui nous concerne tous.

Ce travail doit être apprécié dans le contexte plus général de la relation entre une femme modèle et l’artiste qui l’accompagne sur le long cours. Cette femme, c’est ma grand-mère. Je l’ai photographié pendant des années et, très naturellement, c’est ce que j’ai continué de faire jusqu’au passage ultime, comme pour mieux en saisir son identité dans toute sa profondeur historique.

Andréa Vamos est née en 1981 à Paris. Elle est photographe plasticienne et réalise des « objets à expérimenter ».

Autour des projets de cette jeune artiste se cache l’expression de la vie au plus basique de ces évidences élémentaires et de sa poésie, fatalement philosophique. Au delà d’observer le quotidien, l’artiste s’engage à y laisser une trace imposante comme ses textes et peintures au sein du mouvement antipub, ou plutôt discrète comme ces phrases incrustées dans les murs des hôpitaux.

Un détail du langage, une fraction de seconde de décalage…

Car Andréa Vamos pointe sur des décibels individuels qui font écho en chacun de nous. Comme si elle voulait nous piéger dans une zone où la réaction des sentiments est notre seule manière de survivre.

Les sentiments comme forme en devenir.

Aujourd’hui en tant que jeune artiste, elle se consacre à une nouvelle série de projets questionnant l’art et plus largement sa définition et son marché. Et depuis Mai 2011, elle est co-fondatrice de Kogan Gallery, galerie d’art contemporain qui expose majoritairement de jeunes artistes de tous médias.

 
 

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